Poubelle au Maroc
Au Maroc, la gestion des déchets est confrontée à deux défis majeurs : la surconsommation, en particulier le gaspillage alimentaire, et l’absence de tri à la source. Chaque année, des tonnes de produits encore consommables finissent à la poubelle, tandis qu’un tri insuffisant, voire inexistant, complique le recyclage et aggrave l’impact environnemental.
Dans cet article, nous allons explorer ce que contient la poubelle au Maroc, comprendre pourquoi ces problèmes persistent et, surtout, découvrir quelles solutions peuvent être mises en place pour y remédier.
Bilan des Déchets au Maroc
Quelques chiffres clés :
En 2015, le Maroc a généré un total de 26,8 millions de tonnes de déchets (hors déchets agricoles), avec des prévisions indiquant une augmentation à 39 millions de tonnes d’ici 2030, selon la Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets (2019). Cette production de déchets se divise comme suit :
- 7,4 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA), dont 79 % proviennent des zones urbaines. En 2017, le pays comptait déjà 4,7 millions de tonnes de déchets ménagers produits chaque année ( prévision : 11,8 millions de tonnes en 2030)
- 5,4 millions de tonnes de déchets industriels (DI) ( prévision : 12 millions de tonnes en 2030)
- 14 millions de tonnes de déchets issus de la construction et de la démolition (DCD) ( prévision : 15.6 millions de tonnes en 2030).
Concernant la collecte et le traitement des déchets, Le Maroc a enregistré des avancées en matière de gestion des déchets. Le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit a présenté les chiffres atteints en 2024, notamment une amélioration du taux de collecte et de nettoyage des déchets, qui atteint aujourd’hui 96%, contre 44% en 2008. Cependant, le recyclage et la valorisation des déchets ménagers restent faibles, à seulement 8%. Pour y remédier, le ministère a adopté une nouvelle approche centrée sur le tri, le recyclage et la valorisation, avec pour objectif de réduire de 45% les déchets enfouis d’ici 2030 et d’atteindre un taux de valorisation de 25%. Le plan inclut la création de 50 centres régionaux de traitement et un investissement de 21,14 milliards de dirhams. De plus, la transformation de 65% de la poubelle au Maroc en ressources, ce qui pourrait générer jusqu’à 12,2 milliards de dirhams. et enfin, le Maroc a réussi à fermer 67 décharges sauvages et contrôlé.
Parcours de la Poubelle au Maroc
En traçant le parcours de la poubelle au Maroc, nous mettons le point sur les éléments à améliorer et nous pourrons identifier les rôles de chacun afin d’optimiser ce parcours.
Les déchets solides sont deux grands types : déchets ménagers (organiques, plastiques, cartons…) et déchets industriels et de construction (activités industrielles, chantiers, usines…).
Au Maroc, les déchets ménagers sont généralement collectés sans tri à la source par des services publics ou privés. Selon la Loi n°28-00 sur la gestion et l’élimination des déchets, les industries sont tenues de collaborer avec des sociétés de traitement des déchets spécialisées et certifiées pour satisfaire aux exigences légales en matière de gestion des déchets, en particulier pour les déchets dangereux ou industriels. Des entreprises comme PHS accompagnent ces industries en favorisant le tri à la source grâce à la mise à disposition de bacs spécifiques pour séparer les déchets recyclables des non recyclables, garantissant ainsi un transport et un traitement adaptés.
Après la collecte, les déchets sont acheminés vers des décharges contrôlées pour être traités. Bien qu’une étape de tri soit prévue, elle reste généralement peu efficace. En conséquence, la majorité des déchets sont enfouis, tandis qu’un faible pourcentage est recyclé ou valorisé.
Impact des déchets au Maroc ?
L’impact des déchets au Maroc est multiforme et touche plusieurs aspects de l’environnement, de la santé publique et de l’économie;
Les déchets non gérés correctement peuvent contaminer les nappes phréatiques et les cours d’eau, notamment par les lixiviats issus des décharges. Cela affecte la qualité de l’eau potable et les écosystèmes aquatiques.
L’enfouissement des déchets dans des décharges non contrôlées peut entraîner la pollution des sols, rendant difficile leur utilisation pour l’agriculture ou d’autres activités. En effet, l’enfouissement demeure une option dont les impacts environnementaux sont souvent difficiles à maîtriser, malgré les précautions prises. Il est consommateur d’espaces, parfois aux dépens de terres productives et n’est pas sans risques environnementaux (gestion des lixiviats, risque de contamination des ressources en eau et des sols, émissions de gaz à effet de serre, Changement climatique …). D’ailleurs, avec l’accroissement continu du nombre des décharges, l’acceptation sociale de ces sites de stockage contrôlés sera de plus en plus difficile.
De même pour la santé publique, les déchets non gérés ont aussi des impacts graves. Ils peuvent attirer les nuisibles transporteurs des maladies (insectes, rongeurs) et favoriser la propagation de pathologies. De plus, les populations vivant à proximité des décharges sont exposées à des polluants atmosphériques et à des risques pour la santé, tels que les maladies cardiovasculaires et dermatologiques.
Sur le plan économique, la gestion de la poubelle au Maroc représente un coût important pour les collectivités locales, qui doivent financer la collecte, le transport et le traitement. Malgré les défis, la valorisation des déchets offre des opportunités économiques, notamment à travers le recyclage et la production d’énergie à partir des déchets.
Et enfin, sur le plan social, les décharges contrôlées sont souvent mal acceptées par les populations locales, ce qui peut entraîner des conflits sociaux. et sans oublier l’impact du manque de sensibilisation et d’éducation à la gestion des déchets, ce qui contribue à la propagation des ordures dans les lieux publics.
Le Tri et le Recyclage au Maroc
Le Maroc affiche un retard notable en matière de tri et de recyclage des déchets. Comme évoqué précédemment, la collecte sélective reste marginale, limitant ainsi les possibilités de valorisation. Actuellement, le taux de recyclage des déchets ménagers ne dépasse pas 10 %.
Pour inverser cette tendance, la Stratégie Nationale de Réduction et de Valorisation des Déchets (SNRVD), adoptée en 2019 dans le cadre du Programme National de Valorisation des Déchets (PNVD), fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2030 :
- 20 % de recyclage pour les déchets ménagers et assimilés.
- 25 % pour les déchets industriels.
- 10 % des déchets valorisés sous forme énergétique.
- 60 % des déchets de construction et de démolition éliminés de manière contrôlée.
En résumé, malgré des ambitions claires pour améliorer la gestion des déchets, des défis persistent. Les initiatives en cours visent à développer les filières de recyclage et à sensibiliser la population à l’importance du tri pour avancer vers une économie circulaire.